Les temps de pandémie ne sont guère propices aux créateurs. Et nombre d’artistes n’ont pu exposer leurs oeuvres d’art comme ils le faisaient si facilement dans les galeries d’art, il y a encore peu. Sans même parler des conservateurs de musée privés d’expo et de boutique.

Il a donc fallu accélérer un mouvement engagé depuis quelque temps déjà et qui pousse les artistes et leurs ayant-droits à rendre les oeuvres qu’ils détiennent beaucoup plus visibles et vendables sur internet. Or, cette visibilité passe, notamment, par la digigraphie.

 

Qu’est-ce que la digigraphie ?

La digigraphie commune

Si on veut faire vite, on peut dire que la digigraphie, c’est, ni plus, ni moins, que de l’impression numérique. Mais, c’est quand même plus classe de dire digigraphie ! Oui, mais. Mais, la digigraphie, c’est un peu plus que ça.

Et, c’est au moins deux choses. Une impression avec une imprimante grand format high tech, pour la première. Du papier fine art, pour la seconde.

Ajoutons à cela, de l’encre type ultra chrome K3 à base de pigments haute performance, et le tout, donne une digigraphie qu’on appelle aussi : giclée, fine art print, digiprint, archival print, ou encore impression numérique pigmentaire, au gré des fournisseurs. Tout au moins, si veut éviter les foudres du gardien du temple. Autrement dit, principalement, d’Epson.

 

La digigraphie, marque déposée

Autrefois, pour parler d’un réfrigérateur, on disait qu’on avait un frigidaire. En somme, la marque de réfrigérateur, Frigidaire, de nom propre était devenue nom commun. En ce qui concerne la digigraphie, c’est plutôt l’inverse qui s’est passé. Le nom commun est devenu nom propre. Par la grâce d’un deus ex machina nommé Epson.

 

IMPRIMANTE EPSON GRAND FORMAT
Imprimante EPSON Grand format

 

Depuis 2003 donc, tout artiste ou ayant droit qui appose le mot digigraphie sur un de ses tirages indique aux acheteurs de l’oeuvre d’art, qui bénéficie de ce marquage, avec la lettre R placée dans un cercle, qu’il répond strictement aux dispositions de la charte de la marque Digigraphie déposée par Epson auprès de l’INPI en France et de l’OHIM, en Europe.

 

LABEL DIGIGRAPHIE D'EPSON
Label digigraphie d’EPSON

 

A quoi ça sert de marquer son oeuvre d’art avec la marque digigraphie ?

Contenu de la charte digigraphie

Quand on a ce marquage, pour un artiste ou une boutique de musée, c’est le top. Cela veut dire expressément que pour avoir le droit de mettre ce marquage sur chaque exemplaire de son tirage, l’artiste doit s’engager à :

  • Utiliser le matériel d’impression Epson.
  • Limiter le nombre d’exemplaires imprimés.
  • Contrôler et justifier chacun de ces exemplaires.
  • Délivrer un certificat d’authenticité. 

Moyennant quoi, s’il imprime moins de 30 exemplaires, chacun sera considéré comme une oeuvre d’art à part entière. Et s’il en imprime plus, chacun sera considéré comme faisant partie d’une série limitée. Le tout étant affiché sur le site spécialisé d’Epson et chaque œuvre pouvant être imprimée à la demande.

Signataires de la charte

A ce jour, près d’une centaine de prestataires, agréés par Epson, proposent le marquage Digigraphie aux artistes. Lesquels peuvent, bien sûr, après formation, s’équiper eux-mêmes, aussi, avec le matériel adéquat. 

Le résultat ? Le site d’Epson recense désormais près de 26 000 oeuvres et des artistes comme le vétéran William Klein, Pierre Anthony Allard ou encore Yann Arthus Bertrand, entre autres, ils sont près de 3000, y ont systématiquement recours.

 

YANN ARTHUS BERTRAND
Yann Arthus Bertrand

 

Comment utiliser une digigraphie ? 

Digigraphie : lithographie ou sérigraphie du XXIème siècle

Mais, après tout, on peut se passer du label Digigraphie d’Epson. A une condition, cependant, si on veut espérer bénéficier de la même crédibilité, ou lisibilié, produite par le label. Il faut en respecter, au moins et de la même façon, les critères d’attribution : qualité d’impression, qualité du papier, édition limitée, authenticité, etc.

Oeuvre d’art à part entière

Digigraphie labellisée ou digigraphie opportuniste, on dira alors, dans ce dernier cas, et pour ne vexer personne, par exemple, digiprint, le but est le même : dupliquer une œuvre d’art originale et produire, à partir d’elle, d’autres oeuvres d’art, forcément en nombre limité. L’intérêt pour l’artiste ?

Le même que celui qui a conduit à l’invention de la lithographie, de la sérigraphie, et d’une manière générale, à la production d’estampes. Donner à voir et à posséder une œuvre d’art unique à un plus grand nombre d’amateurs. Et, bien entendu, rendre cette œuvre d’art plus profitable pour celui ou celle qui l’a créée.

C’est ainsi que Bernard Buffet, Salvador Dali ou Louis Toffoli, par exemple, ont pu accroître sensiblement leurs revenus et se faire mieux connaître.

 

NFT ou digigraphie ?

Mais, à peine installée dans les mœurs, la digigraphie ne risque-t-elle pas d’être détrônée par la blockchain et une de ses applications : le NFT, pour Non Fongible Token ? On peut se poser la question.

 

 

Certains artistes, comme l’artiste américain Beeple, ont déjà su flairer la bonne affaire. Un collage d’art numérique de ce dernier, Everydays : the first 5000 days, a été vendu, sous forme de NFT, par la célèbre salle de vente Christies’s, pour 69,3 millions de dollars ! Soit 57,8 millions d’euros ! Cela s’est passé le 11 mars 2021 dernier

Sans atteindre ce niveau, d’autres ventes de ce type ont eu lieu et on estime, d’ores et déjà, le marché des NFT d’art à près de 400 millions de dollars

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