Quelle différence y-a-t-il entre une sérigraphie et une digigraphie dans la reproduction d’une oeuvre d’art ?


Bon, évidemment comme la technique est partout, et notamment, le numérique ou le digital, il serait bien étonnant que sérigraphie et digigraphie n’ait pas quelque chose à voir ensemble. D’ailleurs, est-ce qu’on ne peut pas dire aujourd’hui que tout procédé d’impression qui a recours au numérique est de la digigraphie ? « Digi » pour digital et « graphie » pour écriture.

Bref, de ce point de vue, tout ce qui résulte d’une impression digitale ou numérique peut donc être appelé digigraphie. Mais, dès qu’il s’agit de reproduction d’une œuvre d’art, hélas, trois fois hélas, une digigraphie, ce n’est pas ça du tout et ça n’a rien à voir, mais alors, absolument rien, à voir avec une sérigraphie.

 

Deux procédés de reproduction d’une œuvre d’art totalement distincts

 

technique du pochoir
Technique du pochoir

 

Pour le comprendre, il faut en rester aux mots utilisés pour définir les procédés d’impression auxquels on a recours. Dans sérigraphie, il y a la racine « séri » qui renvoie implacablement à la soie. Celle qui sert à fabriquer les écrans avec lesquels on va reproduire des œuvres d’art.

Le mode d’emploi de ces écrans de soie, ou de ce qui y ressemble, comme le nylon, est basé sur la technique du pochoir. On ne peint, en l’occurrence, on n’encre, que dans les espaces laissés libres. Et on le fait couleur après couleur. Cela peut donc prendre du temps, mais c’est relativement peu coûteux. Comparé, par exemple, à la lithographie.

Quant à la digigraphie, tout est dans le digi. On transfère un fichier numérique d’une machine à une autre. Autrement dit, d’un ordi à une imprimante. Et dans ce cas de figure, ce sont les têtes d’impression de l’imprimante qui déposent l’encre sur le papier servant à la reproduction de l’œuvre d’art.

Évidemment, tout est fait en même temps et suivant la trame d’imprimerie préétablie. Bref, d’un point de vue strictement technique, une digigraphie n’est, ni plus, ni moins, qu’une impression numérique et cela peut être, naturellement, moins cher qu’une sérigraphie. D’ailleurs, il y a toutes sortes de sites on-line pour ça.

Puis, en fait, on s’aperçoit vite que pas vraiment. Et pour s’en rendre compte, il suffit de s’intéresser au « rendu » de chacun des deux procédés d’impression.

 

Sérigraphie et digigraphie : deux rendus d’impression qui n’ont rien à voir entre eux

 

 

Serigrafía
Sérigraphie

Pour apprécier les différences de rendu entre ces deux procédés d’impression, on part, bien sûr, du plus haut degré de qualité qu’on peut obtenir de chacun d’eux. Celui qu’on exige quand on veut faire de la reproduction d’un oeuvre d’art, une oeuvre d’art à part entière.

Une sérigraphie permet de faire de superbes à-plats avec des espaces encrés bien délimités. Cela dit, côté nuances, c’est un peu plus délicat. Il faut que le sérigraphe joue avec le nombre de fils, autrement dit la finesse, du tissu en soie, ou en simili soie (ou similisoie), qui forme l’écran. Pas commode.

 

Digigraphie
Digigraphie

 

Sans même parler de tout le processus à mettre en œuvre pour occulter des fractions du dit écran et combiner plusieurs couleurs. Mais, c’est bien pourquoi une sérigraphie peut être une œuvre d’art à part entière.

Avec la digigraphie, c’est beaucoup, beaucoup plus simple. C’est la machine qui fait tout. La seule contrainte à respecter, finalement, c’est que cette machine, c’est-à-dire l’imprimante grand format, on dit aussi traçeur, dont on a besoin, soit hautement performante. Du type de celles mises au point par les ingénieurs d’Epson en concertation avec un groupe d’artistes, au début des années 2000.

Ajoutons-y un protocole de réalisation semblable à ceux édictés par des chartes ou des labels de qualité et n’importe quel artiste peut offrir à la sortie une digigraphie sous marque déposée.

 

Peut-on considérer une digigraphie comme une estampe ? 

Le monde des estampes est un univers bien à part. Il répond au besoin des artistes de démultiplier leurs œuvres et à celui des amateurs d’art de pouvoir en profiter à la maison. On a commencé très tôt à satisfaire ce besoin avec les gravures réalisées avec des burins ou des pointes sèches, puis on a élargi l’offre avec la lithographie et la sérigraphie. 

 

 

La digigraphie hautement performante constitue une étape de plus dans ce processus et peut être considérée, dès lors qu’elle respecte un protocole bien précis, comme faisant aussi partie de cet univers. Et cela d’autant plus qu’elle accroît considérablement la visibilité de l’œuvre digigraphiée. Autrement plus que ne sauraient le faire les autres procédés.

 

Ce qu’il faut retenir pour la reproduction d’une oeuvre d’art

Pour appartenir à la catégorie des estampes, une reproduction doit être réalisée dans des conditions qui la rendent quasi unique. Cela va dépendre de multiples facteurs comme par exemple :

  • Le choix du procédé.
  • La qualité du support.
  • L’importance du tirage.
  • Et l’intervention de l’artiste, en plus de celle de l’imprimeur. 

Sans oublier, bien sûr, l’incontournable facteur coût. Raison pour laquelle l’assistance d’un imprimeur professionnel se révèle toujours très utile. Surtout quand on veut se lancer dans la reproduction d’œuvres d’art. 

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