Quelques 970 musées de France ont reçu la visite de près de 60 millions de visiteurs en 2016. Ce qui représente une progression de 19 % par rapport à 2006.

On est, cependant, bien loin du compte pour avoir la mesure exacte du phénomène. Car les musées de France sont une appellation contrôlée.

En s’en tenant strictement à cette appellation et même si ces musées sont au nombre de 1218, comme l’indique le ministère de la Culture, le nombre de musées et de lieux d’exposition, toutes catégories confondues, est largement plus élevé. On parle, en effet, de 10 000 sites répondant à cette dernière spécification.

On peut donc dire qu’il y a un vrai phénomène « musée » et que ce phénomène traduit une évolution majeure dans les styles de vie de la population. Aller au musée ou se rendre à une exposition est devenue un élément banal de la vie quotidienne.

Il en résulte que lorsqu’une exposition bénéficie d’un important soutien marketing, elle peut accueillir des dizaines de milliers de visiteurs, voire pour les plus grandes, des centaines de milliers.

Ce qui signifie également que les musées sont, désormais, autant des entreprises culturelles que des lieux de conservation. En tant qu’entreprises culturelles, les musées se doivent d’autant plus de rentabiliser leurs opérations que la part des subventions publiques dans leurs budgets ne cessent de diminuer.

Certains d’entre eux, d’ailleurs, n’en reçoivent plus depuis bien longtemps.

Dans ces conditions, les musées ont tout intérêt à susciter un nombre respectable d’entrées pour leurs collections permanentes et pour leurs expositions temporaires. Ce qui suppose une démarche marketing appropriée, fondée, entre autres, sur la brochure musée.

Peut s’y ajouter la brochure récapitulative d’après-visite qui ne doit pas être confondue avec les différents catalogues mis en vente par les pôles boutiques.

 

La brochure musée : à quoi ressemble-t-elle ?

  • Exemple de la brochure musée de l’université de Virginie présentant sa collection d’art aborigène de manière originale.

         

Brochure musée de l'université de Virginie
Brochure musée de l’université de Virginie

Bien que dans un format relativement classique, cette brochure fait preuve de beaucoup d’originalité dans son design. On y retrouve les informations de base sur un volet, le titre de ce qui est donné à voir sur un autre, et en volet central, un aperçu de la collection.

Ce qui est à noter, c’est que le graphisme reproduit la nature de la collection, tout en adoptant un rythme moderne et contemporain. 

 

  • Autre exemple d’une brochure musée allant droit à l’essentiel, celle du museum of arts and history (moah) de Washington.
Brochure musée du moah de Washington
Brochure dépliant du musée du moah de Washington

Cette brochure, ou plutôt dépliant, vise avant tout à l’efficacité. Elle a un nombre minimum de volets et donne les informations essentielles pour tout visiteur.

Seul le graphisme du premier volet donne une touche artistique à l’ensemble. C’est une des plus simples à réaliser.

 

  • Dernier exemple, faisant preuve de beaucoup d’originalité dans le choix du format, la brochure musée du museum of chinese in american.
Brochure dépliant musée chinese in american
Brochure musée chinese in american

Cette brochure est d’apparence complexe, mais elle rend très bien compte de l’esprit du musée et de sa nature. Le pliage est en effet une forme traditionnelle d’art en Asie et la couleur rouge est la couleur naturellement impériale en Chine.

Ce qu’il convient de remarquer, c’est que ce dépliant s’inscrit dans une démarche complète d’identité visuelle et de mise en œuvre d’une charte graphique, comme on peut le voir avec les illustrations suivantes :

 

Autres applications de la charte graphique du musée chinese in american
Autres applications de la charte graphique du musée chinese in american
Brochure d'information générale du musée chinese in american
Brochure d’information générale du musée chinese in american
Agenda musée chinese in american
Agenda musée chinese in american

 

La brochure musée : que doit-elle contenir ?

Comme on peut le constater, la réalisation d’une brochure musée peut prendre de multiples formes, de la plus élémentaire à la plus complexe, et s’inscrire dans une démarche limitée ou au contraire très développée d’identification visuelle.

Quoi qu’il en soit, elle doit toujours répondre aux mêmes questions. Ce sont, au fond, les réponses à ces questions que l’on retrouve à l’origine de la conception et de la réalisation d’un dépliant touristique inspirant.

Elles se répartissent habituellement dans trois parties du dépliant ou de la brochure.

 

Un contenu de brochure musée divisé en trois parties :

  • Une première partie correspond à la couverture, elle figure sur le premier volet et précise de quelle institution ou exposition, il s’agit. En général, c’est à ce niveau que l’identité visuelle du musée est la plus travaillée.

 

  • La deuxième partie décrit les caractéristiques des collections, permanentes ou temporaires, présentées par le musée. C’est le cas le plus général. Toutefois, comme l’écrit Marie-Christine Labourdette dans son livre « les musées de France » :

Travailler dans un musée, c’est faire vivre une organisation qui connaît des transformations radicales depuis un demi-siècle. Tout a changé, tout bouge encore.

De ce fait, la nature de ce que présente un musée a également beaucoup évolué. Aux traditionnelles expositions, s’ajoutent désormais des « expériences » ou des « expositions-dossiers ».

Les premières correspondent à des montages iconographiques qui font largement appel à la photographie et à la vidéo. Les carrières de lumières organisées chaque année aux Baux de Provence en sont un bel exemple.

Dans ce cas de figure, aucune œuvre originale n’est présentée. Ce peut être décevant pour les visiteurs, s’ils s’attendent à en voir. Il est donc de la plus haute importance de bien spécifier dans la brochure musée la nature exacte de l’évènement.

 

Des expositions d’un nouveau type

Ce type de prestation a tendance à se développer, car elles sont finalement moins coûteuses à organiser qu’une exposition traditionnelle avec des œuvres d’art très connues. Celles-ci sont, en effet, de plus en plus difficiles à déplacer, compte tenu de leur fragilité.

Par ailleurs, les coûts des assurances ont littéralement explosé ces dernières années. Autre variante de « l’expérience », « l’exposition-dossier ». Elle a un but principalement pédagogique, alors que l’expérience a une finalité esthétique.

Elle est centrée sur l’explication particulière d’une œuvre ou sur la vie et le travail d’un artiste.

  • La dernière partie est réservées aux informations pratiques. Elles concernent, bien évidemment, les horaires d’ouverture, les tarifs généraux et particuliers, les moyens d’accès. Il ne faut pas oublier les éléments de contact, numéro de téléphone et adresse mail. C’est aussi l’occasion de rappeler aux visiteurs qu’ils peuvent contribuer à la vie du musée par des dons. Un formulaire peut donc être ajouté à cet effet dans cette partie. Il est souhaitable que ce formulaire soit formulé de telle façon qu’il corresponde à un « Call To Action » ou CTA.

 

Brochure musée ou catalogue ?

Les deux outils ne s’opposent pas, mais se complètent. Ils sont, l’un et l’autre, indispensables à la bonne marche d’un musée. Si la brochure musée incite à y venir, le catalogue incite à y revenir.

Longtemps le catalogue a été réservé aux plus grandes expositions et s’est apparenté davantage à un livre qu’à une brochure. Il répond au besoin de tout visiteur de repartir avec un souvenir de ce qu’il a vu.

Le catalogue en est la forme la plus aboutie.

 

Contenu d’un catalogue

Comme le dit, Agnès Wolff, de Culturespace :

Le catalogue d’exposition est un véritable prolongement de l’exposition et le résultat d’un important travail de fond.

Effectivement, un catalogue rend compte, avec beaucoup de détails, de l’exposition. C’est en soi un objet d’art par lui-même.

Il mêle avec un grand souci esthétique photos et textes. Le rôle des rédacteurs spécialisés et des graphistes y est essentiel.

Pour autant, ils ne doivent pas empiéter sur les œuvres d’art elle-mêmes et respecter l’esprit du musée ou de l’exposition.

 

Forme du catalogue

Le catalogue académique en 200 ou 300 pages existe toujours, mais il voisine, désormais, avec des formats beaucoup plus petits et plus accessibles, notamment, pour le grand public.

Cependant, la tendance est, entre autres, d’offrir des catalogues de qualité, destinés aussi bien au grand public qu’aux chercheurs ou aux étudiants.

La formule magazine telle que peut la proposer un site comme PrintBasPrix peut parfaitement convenir dans de très nombreux cas.

L'impression d'un catalogue permet d'entrer dans le détail de l'exposition.
L’impression d’un catalogue permet d’entrer dans le détail de l’exposition.

 

Brochures de musée, catalogues : quelles perspectives ?

Une charte graphique, encore et toujours

Les perspectives, de l’un et l’autre outil, sont infinies et, en tout cas, bien ancrées comme outils de communication incontournables de tout musée ou site d’exposition. Elles se traduisent par un double effort. Le premier consiste à en renforcer l’efficacité par l’adoption d’une charte graphique appropriée.

On ne répétera jamais assez combien une charte graphique conforte considérablement l’identité visuelle d’une organisation quelle qu’elle soit. De même qu’on ne dira jamais assez combien une identité visuelle est un élément majeur de toute politique et stratégie marketing.

 

Le papier, un support toujours innovant

Il faut se rendre à l’évidence, les tentatives de remplacer les supports papier par des supports numériques n’ont pas eu le résultat escompté. Plus que dans d’autres domaines, le visiteur d’un musée ou d’une exposition a besoin de sentir entre ses doigts la promesse de l’exposition à venir ou le souvenir ému de la visite qu’il vient d’effectuer.

A cet égard, de nombreux progrès ont été accomplis pour renforcer l’impression laissée par la rencontre entre les visiteurs et les œuvres d’art ou pour les inciter à faire cette rencontre.

Des CD, des DVD ou même cartes mémoires sont, ainsi, de plus en plus, couramment insérés dans les catalogues. Et de manière plus sophistiquée, de nouvelles formules de papier permettent de jouer sur tous les sens des acquéreurs de catalogues nouvelle manière. Et comme le dit finalement, Bernard Steyaert, des éditions fonds Mercator :

Une chose est sûre, le catalogue a encore de beaux jours devant lui.

Et avec lui, pouvons-nous ajouter, la brochure musée, dans toutes ses variantes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *